La Martinique, l’île aux Fleurs au cœur des Caraïbes
Une île au nom de Madinina
L’« île aux Fleurs » ou « Madinina », c’est ainsi que les Indiens Caraïbes désignaient la Martinique lorsque Christophe Colomb aborda le Carbet le 15 juin 1502, dans cette partie paradisiaque des Petites Antilles, les « îles au vent ». Située en plein cœur de l’archipel des Caraïbes, à environ 7 000 kilomètres et huit heures d’avion de la métropole, la Martinique séduit par la douceur de son climat. Avec une moyenne annuelle de 26 °C, la chaleur n’y est jamais excessive : c’est l’île de l’éternel été.
Le plus simple pour la découvrir consiste à en faire le tour. Depuis le littoral, le relief s’élève progressivement vers le centre, puis vers le nord où s’alignent les principaux massifs, reliés entre eux par des collines appelées « mornes ». Les Pitons du Carbet, point culminant central, atteignent 1 207 mètres, tandis que la Montagne Pelée, au nord-ouest, domine la région du haut de ses 1 397 mètres.
Nord de l’île, Montagne Pelée et forêts tropicales
Sur le morne des Cadets, qui domine Fonds-Saint-Denis, un observatoire veille en permanence sur la Montagne Pelée. Cette partie de la Martinique est le royaume de la forêt tropicale luxuriante. Fougères arborescentes, bambous, balisiers et autres essences exotiques se partagent la lumière dans une végétation d’une densité impressionnante. Les pluies fréquentes entretiennent cascades, rivières et sous-bois ombragés qui offrent une fraîcheur bienvenue.
Au nord de l’île, Saint-Pierre fut en grande partie détruite en 1902 par l’éruption de la Montagne Pelée. Le musée vulcanologique Frank-Perret restitue cet événement tragique à travers des objets tordus par la chaleur, des photographies et des témoignages de l’époque. Tout autour, les villages de Case-Pilote, de Bellefontaine, réputée pour sa pêche à la senne, ou du Carbet, où Colomb aurait débarqué, méritent une halte. Plus au nord encore, le bourg du Prêcheur surprend par ses sources chaudes et sa côte sauvage battue par l’Atlantique.
Côte atlantique nord et baie du Trésor
Sur la façade atlantique nord, plusieurs villages jalonnent le rivage. Grand-Rivière, accroché au pied des falaises, regarde vers la Dominique toute proche. Macouba domine la mer du haut de ses pentes plantées de bananiers, tandis que Le Lorrain abrite un site précolombien rappelant la présence ancienne des Amérindiens. Sainte-Marie s’est fait une réputation dans l’art de la vannerie et de l’artisanat en fibres végétales, alors que Basse-Pointe et ses plantations évoquent le passé agricole de la région.
L’un des plus beaux sites de l’île se trouve à La Trinité, sous-préfecture tournée vers l’océan. La presqu’île de la Caravelle, avec la baie du Trésor et l’ancien domaine du château Dubuc, associe mangroves, pointes rocheuses, petites anses, ruines de l’habitation sucrière et sentiers de randonnée. Entre ciel, mer et savanes herbeuses, les panoramas y sont particulièrement variés.
Plaines centrales, canne à sucre et pit des combats
Au centre de l’île, la plaine du Lamentin puis celle de Rivière-Salée déroulent leurs champs de canne à sucre à perte de vue. Ces grandes étendues agricoles assurent la transition entre les reliefs du nord et les paysages plus doux du sud. Avant de rejoindre le littoral, un détour s’impose par Rivière-Pilote, surnommé le « grenier du Sud ». À quelques kilomètres du bourg, un grand « pitt » organise régulièrement des combats de coqs ainsi que, plus rarement, des affrontements spectaculaires entre mangoustes et serpents, témoignant d’un folklore encore très vivant.
Le Sud, plages de carte postale et villages de pêcheurs
La côte sud abrite de nombreuses anses et baies bordées de cocotiers, ainsi que de charmantes bourgades comme Les Trois-Îlets, où naquit l’impératrice Joséphine. Le village accueille aujourd’hui un superbe parc floral ainsi que de nombreuses manifestations culturelles et musicales. Non loin de là, de magnifiques plages de sable blanc vous attendent à l’Anse-d’Arlet ou à Sainte-Luce, deux villages de pêcheurs qui ont su conserver leur atmosphère authentique tout en proposant des hébergements et restaurants de bord de mer.
À quelques kilomètres, Le Marin abrite l’un des plus grands ports de plaisance de la Caraïbe. Plus à l’ouest, la commune du Diamant doit son nom au rocher éponyme, piton rocheux isolé en pleine mer à près de quatre kilomètres de la côte, qui sert de refuge à des milliers d’oiseaux marins. À l’extrême sud, Sainte-Anne et la célèbre plage des Salines composent un paysage de carte postale, lagon transparent, sable fin et alignement de cocotiers face à l’horizon.
Fort-de-France, baie majestueuse et cœur urbain
On ne peut évoquer la Martinique sans parler de Fort-de-France et de sa baie, souvent présentée comme l’une des plus belles du monde. Ville d’affaires au rythme soutenu, la capitale administrative concentre aussi une bonne partie des atouts touristiques de l’île. Autour du vaste jardin de La Savane, havre de verdure en plein centre, se regroupent monuments, boutiques, cafés, marchés et bâtiments publics. La cathédrale, la bibliothèque Schœlcher, les marchés couverts et les quais composent un environnement urbain animé où se mêlent habitants et visiteurs.
Fêtes, sports et loisirs sous les tropiques
Quelle que soit la période du séjour, une manifestation attend le visiteur en Martinique. Courses de yoles rondes, fêtes folkloriques, festival mondial de la guitare, festival international de jazz et de musiques populaires, festival de juillet ou encore carnaval de Mardi gras rythment l’année. Pendant quatre jours, au moment du carnaval, une foule bigarrée envahit les rues, défile, danse et chante au son des tambours, des cuivres et des orchestres de rue.
L’île propose aussi un large choix d’activités sportives et de loisirs. Sports nautiques, plongée, voile, kitesurf, mais aussi golf, tennis, VTT, canyoning et randonnées pédestres ou équestres sont pratiqués dans la fraîcheur relative des sous-bois tropicaux ou le long des sentiers côtiers. Entre montagnes, forêts, rivières et plages, chacun peut composer son propre programme.
Folklore, artisanat et cuisine créole
La Martinique est fière de son folklore, de son artisanat et de sa gastronomie. Dans les marchés et les boutiques, on trouve paniers tressés, chapeaux en fibres, fleurs séchées, flacons de rhum, liqueurs parfumées et produits à base de canne ou de fruits tropicaux. Les tissus colorés, les madras, les bibelots et sculptures en bois complètent cette palette d’objets qui prolongent le séjour une fois de retour.
Les restaurants typiques proposent, après le traditionnel ti-punch, les grandes spécialités créoles. Accras de morue, crabes farcis, lambis, blaff de poissons ou de crustacés, colombos de porc ou de cabri et « féroces », mélange d’avocat, de morue et de farine de manioc relevé au piment, composent des repas généreux. Le tout se termine souvent par un blanc-manger, des beignets d’ananas ou un autre dessert aux fruits, accompagné d’un vieux rhum ambré. Dans cette île-aquarelle, véritable paradis sous les tropiques, tout concourt à faire du séjour un moment inoubliable.